COMPLÉMENTS À LA « LETTRE DE L’EAU »

RÉGION PAYS DE LA LOIRE

Suite de l’entretien avec Philippe HENRY, Vice-Président de la Région Pays de la Loire, délégué à l’écologie.

Quelle politique mène la Région pour atténuer et accompagner notre territoire dans l’adaptation à ses impacts (suite) ?

En Pays de la Loire seulement 11 % des cours d’eau sont en bon état écologique. Face à ce constat, la Région des Pays de la Loire, qui s’est vu attribuer la compétence animation et concertation dans le domaine de l’eau en décembre 2020, a choisi de s’engager dans une politique ambitieuse et volontariste de reconquête de la ressource en eau en partenariat avec les acteurs et les territoires concernés. En 2020, elle a notamment adopté un plan eau avec l’Etat, assorti d’un investissement de 46 M€ sur 5 ans, avec des objectifs simples : redonner confiance aux habitants dans la qualité de l’eau potable et reconquérir la qualité des cours d’eau et des milieux aquatique. La Région porte également le projet européen LIFE REVERS’EAU fédérant plusieurs maîtres d’ouvrages autour d’une volonté commune de trouver des solutions pour améliorer la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. A travers l’exercice des missions d’animation et de concertation, la Région souhaite également être actrice de la mise en œuvre du SDAGE en mobilisant les acteurs de l’eau en région, en facilitant l’émergence de solutions partagées, en favorisant la prise de conscience collective, en améliorant la cohérence des politiques publiques. A ce titre, la Région organise, aux côtés de l’Etat, la conférence ligérienne de l’eau qui a réuni plus de 160 participants lors de sa 3e édition en avril 2021(représentants de collectivités, des professionnels, des industriels dont ceux de l’agro‐alimentaire, des acteurs de la société civile et des services de l’État). Cette instance permet d’échanger sur les modes d’actions possibles pour aller plus loin dans l’action pour la reconquête de la ressource en eau.

FÉDERATION DE MAINE-ET-LOIRE POUR LA PÊCHE ET LA PROTECTION DU MILIEU AQUATIQUE

 

 

Suite de l’entretien avec Stéphanie FENEON (Directrice) ET Bernard MERLIN (Président)

Quelles sont les solutions pour protéger le milieu ?

D’après les prévisions, il y aura de moins en moins d’eau et des cours d’eau vont disparaître.  La température de l’eau va augmenter.  Les espèces vont soit s’adapter, soit disparaître et être remplacées par d’autres.  Le milieu va donc s’appauvrir.  Pour préserver le milieu, on ne propose rien d’autre que préconise le Schéma Départemental de la Gestion de la ressource en eau 2022-2028 : 

  • Priorité 1 : Résilience et sobriété
    • Protéger les milieux
    • Ralentir le cycle terrestre de l’eau
    • Économiser et recycler l’eau
  • Priorité 2 : Substitution de la ressource (Remplacement de prélèvements estivaux par des prélèvements hivernaux ou utilisation d’eaux non conventionnelles pour substituer une ressource en tension)
    • Utilisation d’eaux non conventionnelles
    • Création de retenues de substitution
  • Priorité 3 : Mobilisation de la ressource (Augmentation des prélèvements hivernaux ou utilisation d’eaux non conventionnelles pour sécuriser les usages de l’eau face aux effets du changement climatique)
    • Utilisation d’eaux non conventionnelles
    • Création de retenues hors substitution

Il faut donc mener des chantiers de renaturation des cours d’eau comme le fait le Syndicat.  Et parallèlement, changer nos pratiques et être plus sobre dans notre consommation.  Certains puisent dans la nappe sans se soucier de l’impact en aval.  Il faut partager l’eau équitablement tout en en laissant suffisamment pour le milieu.  Nous ne comprenons pas pourquoi certains arrivent à avoir des dérogations pour l’arrosage en pleine période de sécheresse (stade, golfs, …).

Quelles actions mettez-vous en place ?

Nous sommes présents dans toutes les instances dont les décisions ont des impacts sur la gestion des milieux et nous interpellons les autorités pour qu’il n’y ai pas de « passe-droits ».

Nous favorisons toutes les mesures prises pour économiser l’eau, restaurer le milieu et réutiliser l’eau prélevée.  Nous ne sommes pas favorables au stockage artificiel de l’eau tant que le maximum n’a pas été entrepris sur les points précédents.  Nous alertons sur le fait que le stockage va désorganiser le milieu, permettre de privatiser l’eau pour une petite partie des usagers.

L’utilisation de l’eau stockée nous interroge également. A quelle type de culture va t-elle profiter ?  nous espérons que ce ne sera pas pour le maïs qui alimente les méthaniseurs ! Nous proposons que la priorité soit donnée aux besoins des agriculteurs fournissant l’alimentation humaine.

Nous regardons aussi ce qui c’est fait par le passé.  Tout n’a pas été une réussite.  Nous en tenons compte pour entreprendre nos nouveaux projets et gagner en efficacité.

 

Suite de l’entretien avec les représentants de 3 EPCI présentes sur le territoire du Syndicat

Quelles sont les obstacles majeurs auxquels vous êtes confrontés pour protéger cette ressource ?

Christophe DOUGÉ : La prise de compétence est récente, la prise de possession d’un vaste  patrimoine,  la vétusté de systèmes d’assainissement et le dynamisme fort du territoire sont à prendre en compte et nous oblige à être à la fois rigoureux et agile quant à la priorisation de nos actions.

Eric MOUSSERION : Pour les milieux aquatiques : l’héritage des aménagements passés (imperméabilisation du bassin, arrachage de haie, modification du tracé hydrographique, ouvrages sur cours). La situation est telle qu’il est difficile d’améliorer la ressource en eau sans entraîner une modification des usages.  Pour les captages d’eau potable : chacun est dorénavant convaincu de l’importance de la protection de la ressource et souhaite s’engager. Le challenge est d’identifier des actions et des pratiques préservant la ressource tout en assurant un modèle économique viable notamment pour le monde agricole.

Marc SCHMITTER : L’état écologique actuel de nos rivières est dégradé en raison d’une mauvaise qualité de l’eau et des milieux aquatiques, mais également de débits exceptionnellement faibles. Nous devons mettre en place, avec une multitude d’acteurs, un programme d’actions ambitieux qui nécessite un effort collectif important sur le long terme.

Notre territoire a subi une grave sécheresse. Est-ce que cela, à votre avis, a favorisé une prise de conscience sur la préciosité de la disponibilité de l’eau ?

Christophe DOUGÉ : Oui indéniablement –  les épisodes caniculaires et la sécheresse ont mis en exergue les enjeux autour de la ressource eau et des usages qui y sont liés. L’été 2022 est le révélateur d’une véritable prise de conscience pour tous les usagers de l’eau.

Eric  MOUSSERION : Difficile de répondre à cette question. En prendre conscience c’est bien, agir en est une autre.

Marc SCHMITTER : Oui, bien sûr et il faut poursuivre la sensibilisation, mais cela n’est pas suffisant. Il est indispensable que tous les acteurs passent à l’action maintenant pour anticiper et mieux préparer les sécheresses à venir.

Pour votre collectivité, quels impacts a eu cette sécheresse ?

Christophe DOUGÉ : Avec la sécheresse, les débits de nos ressources pour la production d’eau potable ont atteint des niveaux critiques tant sur la Loire que sur la Sèvre Nantaise. La période d’étiage sévère a occasionné des ruptures d’écoulement de nos cours d’eau et augmenté leur fragilité en cas de pollution. Les arrêté préfectoraux, avec un passage au niveau crise,  ont impacté les usages des équipements sportifs et aquatiques de nos collectivités et conjugué à la crise énergétique nous conduisent à une remise en cause de nos pratiques.

Eric MOUSSERION : Des impacts « négatifs », sur le Thouet cette sécheresse a entraîné des mortalités de poissons, un envahissement du lit par des algues, des difficultés d’accès pour la pratique de la pêche et les embarcations, des suivis scientifiques de la faune aquatique n’ont pas pu être réalisés.

Des impact « positifs ». Depuis 2016 la CASVL a réalisé des actions sur les ouvrages (démantèlement ou arasement partiel, ou modification de gestion des ouvrages) ayant entraîné un abaissement de la ligne d’eau. Sur certains secteurs la rivière reprend « ses droits » et réduit progressivement la largeur de son lit. La sécheresse 2022 a été bénéfique pour cette transformation. Les zones d’atterrissements ont pu se végétaliser ce qui dans les années à venir devrait contribuer à améliorer la qualité de la rivière (plus de biodiversité, rôle de filtre de cette végétation).

Pour l’eau potable, la raréfaction de la ressource a nécessité un pilotage plus fin de la part des exploitants pour limiter les impacts des prélèvements sur les captages et les usines de production. Néanmoins, cette situation de crise avait déjà été anticipée par la CASVL avec la création de ressources complémentaires de secours, l’exploitation temporaire de ces ouvrages a permis d’assurer la continuité de service pour les usagers. De plus, cette crise a renforcé la nécessité de créer des interconnexions entre les réseaux d’eau potable afin de sécuriser l’ensemble de la distribution en eau. Des investissements ont déjà été faits en 2022 et de nouveaux sont déjà programmés pour 2023 et 2024.

Mark SCHMITTER : Nous avons limité notre consommation d’eau et notamment l’arrosage des espaces verts et terrains de football, mais cette sécheresse a surtout été un accélérateur dans le changement des pratiques déjà engagées : utilisation de végétaux n’ayant pas ou peu besoin d’eau, réutilisation des eaux pluviales et des eaux usées traitées, développement des économies d’eau dans les bâtiments communautaires, etc.

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N°24 Édition 2021

 

Syndicat Layon Aubance Louets

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