Expérimentation de la Silphie en élevage laitier

Contexte

Le SLAL s’intéresse à la diversification des systèmes agricoles et à la recherche de cultures permettant de répondre aux enjeux de qualité et de sobriété de l’eau.

Après un premier essai d’implantation non concluant en 2023, le SLAL a souhaité renouveler l’expérimentation avec un agriculteur volontaire. Un hectare de Silphie a ainsi été implanté en 2024 sur une exploitation de bovins laitiers à Chemillé-en-Anjou.

Objectifs de l’action

L’objectif était d’acquérir une référence locale en conditions réelles d’exploitation.

L’expérimentation devait notamment permettre de :

  • mieux connaître les conditions d’implantation et de conduite de la Silphie sur le territoire ;
  • suivre son développement et ses performances agronomiques ;
  • caractériser la qualité du fourrage produit ;
  • étudier son intérêt potentiel dans l’alimentation des bovins laitiers ;
  • identifier les conditions dans lesquelles cette culture pourrait constituer une ressource fourragère complémentaire ;
  • mettre en regard ses intérêts potentiels avec les contraintes rencontrées sur une exploitation agricole.

L’objectif était également de produire un retour d’expérience utile aux agriculteurs du territoire qui s’interrogent sur cette culture.

 

Réalisation et résultats

Deux essais d’implantation ont été conduits en 2023 et 2024 et suivi par la Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire.

L’essai de 2023 n’a pas permis d’obtenir la levée de la plante. En 2024, un nouvel hectare a été implanté le 11 juin, chez un nouvel agriculteur, selon deux modalités : Silphie pure et association Silphie + maïs fourrage.

Ces deux essais ont confirmé l’importance de la phase d’implantation, notamment de la réussite de la levée et de la maîtrise de la concurrence végétale durant les premières années. Voir les préconisations pour la réussite de la phase d’implantation.

Photo de l'essai de Silphie à chemillé en Anjou, juin 2025

Photo de l’essai de Silphie à chemillé en Anjou, juin 2025

Le SLAL souhaitait ensuite approfondir la question de la valeur alimentaire de la Silphie et de son intégration dans une ration de bovins laitiers. La mise en place d’un accompagnement technique spécifique n’a toutefois pas pu être engagée dans les conditions initialement envisagées. L’agriculteur a néanmoins fait réaliser une analyse alimentaire du fourrage, dont les résultats se sont révélés peu satisfaisants au regard des objectifs recherchés.

En effet, les rendements obtenus et la qualité alimentaire du fourrage n’ont pas permis de confirmer, dans les conditions de cette exploitation, l’intérêt attendu de la Silphie comme ressource fourragère susceptible de remplacer une part significative du maïs dans la ration des vaches laitières.

Ces résultats doivent toutefois être replacés dans leur contexte : il s’agit d’une seule analyse, réalisée sur une exploitation donnée, dans des conditions pédoclimatiques et techniques particulières et sur une deuxième coupe. Ils ne permettent donc pas de conclure que la Silphie ne présente aucun intérêt en élevage laitier.

En revanche, ils mettent en évidence que les performances attendues d’une culture ne sont pas nécessairement transposables directement à toutes les exploitations et que les conditions d’implantation, de conduite, de récolte et de valorisation du fourrage sont déterminantes.

Au printemps 2026, l’agriculteur a également considéré que la surface d’un hectare était trop faible pour être réellement significative dans son système et ne souhaitait pas augmenter la surface consacrée à cette culture. Il a donc fait le choix de retourner la parcelle.

Un retour d’expérience partagé avec les agriculteurs

Avant le retournement de la parcelle, le SLAL a organisé un bout de champ le 15 juillet 2026.

Cette rencontre de deux heures a réuni une dizaine d’agriculteurs intéressés par la culture et a permis :

  • de présenter les objectifs et le déroulement de l’expérimentation ;
  • d’observer directement la parcelle ;
  • de revenir sur l’itinéraire technique ;
  • de présenter les résultats agronomiques et fourragers obtenus ;
  • de recueillir le témoignage de l’éleveur ;
  • d’échanger sur les intérêts, les limites et les perspectives de la Silphie.

L’objectif était de présenter, en transparence, les conditions et résultats de l’essai.

L’expérimentation n’a pas permis de confirmer tous les intérêts envisagés initialement. Elle apporte néanmoins des références locales sur l’implantation de la Silphie et met en évidence l’importance d’évaluer une nouvelle culture à l’échelle globale de l’exploitation : performances agronomiques, besoins en interventions et intrants, valorisation, organisation du travail et intérêt économique.

Pour aller plus loin : le bilan de l’expérimentation ainsi que le support de présentation du 15 juillet sont disponibles en cliquant sur les liens.

Coût et financement

L’expérimentation d’implantation menée en 2024 a représenté un coût total de 28 009,28 €, comprenant :

  • 17 525,76 € pour l’intervention de la Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire entre 2022 et 2024, pour la phase d’implantation ;
  • 10 483,20 € de frais de mise en œuvre, comprenant notamment les semences et l’indemnité de mise à disposition de la parcelle.

L’action a été réalisée dans le cadre du Contrat Territorial Layon Aubance Louets, avec le soutien financier de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne (50%) et la Région Pays de la Loire (30%).

Document ressources :

Préconisations pour la réussite de la phase d’implantation

bilan de l’expérimentation

présentation du bout de champs (contenant l’analyse comparative des analyses fourragères)

PUBLICATION ANNUELLE

Syndicat Layon Aubance Louets

Cellule d'animation du SAGE Layon Aubance Louets
ZA du Léard
Thouarcé, 49380 BELLEVIGNE EN LAYON
Tél. 02 41 97 80 80
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