Le ruisseau de la Frappinière à Valanjou
Suppression du plan d’eau de loisirs et restauration morphologique
Travaux en 2022, 2023 et 2024

Problématique initiale
Un plan d’eau communal crée en 1989, d’environ 4 000 m² était présent sur le cours du ruisseau la Frappinière, affluent du Javoineau, lui-même affluent du Layon.
Plan d’eau illégal, il présentait des problèmes de continuité écologique (libre circulation des sédiments et des poissons), réchauffement de l’eau, sur-évaporation, mauvaise oxygénation, …
Voici les caractéristiques techniques du site :
- Un batardeau 500m en amont (lavoir) : 1m de chute
- Un seuil en pierres 450m en amont : 20cm de chute
- Un seuil en pierres 400 m en amont : 20cm de chute
- Clapet basculant à 330m en amont : 1m de chute
- Moine et déversoir du plan d’eau : 1,24m de chute
- Volume de vase dans le plan d’eau : 2000 m3
- Lit sur-dimensionné à l’amont et zones lentiques
- Habitats homogènes
- Lit incisé à l’aval
- Présence de la Jussie
Une étude lancée en 2012 a permis de dresser des plans d’état des lieux accompagnés de propositions de différents scénarii d’aménagement. Suite à de nombreux échanges avec les locaux et services de l’état, les élus de la commune ont validé un projet d’effacement total du plan d’eau et de ses ouvrages associés qui était le scénario le plus ambitieux et le moins coûteux pour la collectivité.

Plan d’eau de Plaisance avant travaux
Travaux et objectifs de restauration
En 2022, soit 10 ans après le lancement de l’étude diagnostique, les travaux ont pu démarrer. Des travaux qui ont eu pour objectif de supprimer le plan d’eau et laisser place à une rivière sinueuse, dans le fond de vallée (talweg).
Les objectifs recherchés étaient de :
- Allonger le circuit de l’eau : + 70m
- Faire déborder le ruisseau : faibles hauteurs de berges (30cm)
- Alterner les zones d’écoulement rapide et lente : pente moyenne de 0,4%
- Améliorer la biodiversité : alternances radiers/mouilles, blocs, ripisylve
- Réduction du taux d’étagement et amélioration de la circulation sédimentaire et piscicole (continuité écologique)
Les étapes du projet :

Vidange, pêche de sauvegarde et suppression de la digue et des ouvrages (2022).
Le plan d’eau est resté 1 an à sec pour permettre aux sédiments de s’assécher. Une végétation constituée principalement d’hélophytes a pu se développer spontanément grâce à la banque de graines déjà présentes dans les vases.

Création d’un bras de contournement provisoire, curage et export de la vase pour tenter une éradication de la Jussie qui avait colonisé le plan d’eau (2023). L’éradication a échouée car des herbiers de Jussie sont réapparus dès le printemps suivant.

Comblement du plan d’eau avec des matériaux à dominance argileuse pour façonner le lit majeur du ruisseau.

Création du nouveau lit mineur dans l’emprise du lit majeur. Terrassement des alternances mouilles et radiers. Les berges sont laissées abruptes pour permettre au ruisseau de se rééquilibrer par lui-même.

Apport de granulats pour constituer la couche d’armure de 25cm à 35cm d’épaisseur sur la totalité du nouveau lit mineur. Réalisation d’un lit d’étiage marqué et sous-poudrage de matériaux grossiers (petits blocs) pour diversifier les habitats.

Mise en eau du nouveau lit, comblement progressif du contournement provisoire et mise en place de terre végétale sur tout le site. Semis d’un mélange prairial sur l’intégralité du site pour permettre un développement rapide de la végétation.

Suppression des ouvrages hydrauliques associés à l’amont de l’ancien plan d’eau pour rétablir la continuité écologique (1 clapet hydraulique et 2 seuils en pierre). Remplacement de ces ouvrages par des légères recharges en granulats sous forme de radiers.

Restauration morphologique de la zone amont sous forme de banquettes minérales alternées et radiers. Réfection d’un muret et diversification des habitats par pose de blocs.

Remise en état du site, et plantations d’arbres fruitiers. Mise en place de mobiliers extérieurs, passage à gué piéton et passerelle. Mise en application du plan de gestion communal (gestion différenciée des espaces verts) pour favoriser un développement végétal spontané de la ripisylve.

Installation de panneaux d’informations tout public pour sensibiliser sur la rivière et sa biodiversité.
Photographies après travaux (printemps 2025)
Cout et financements des études et travaux
190 079,40 € TTC financé à hauteur de 34% par l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, 28% par la Région Pays de la Loire, 11% par la commune de Chemillé en Anjou, et 27% par le Syndicat Layon Aubance Louets.


